Le Roi Grenouille: Scènes, personnages, objets et lieux

Le schéma montre les scènes, les personnages, les objets et les lieux du conte et les met en relation. On découvre ainsi rapidement qui est en relations avec qui, avec quel objet et dans quelle scène et lieu.

Le schéma présente le texte du conte en trois langues (allemand, français et anglais) et les versions de 1812 et 1857 des frères Grimm.

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Scènes

Texte de la version de 1812

Texte de la version de 1857

Commentaires de la version 1857

et

Comparaison des versions

1812 et 1857

1. Introduction

Il était une fois une fille de roi qui alla dans la forêt et s’assit près d’un puits frais.

Elle avait une bille d’or, qui était son jouet favori, qu’elle jeta dans l’air et la rattrapa et elle en eut son plaisir.

Il y a fort longtemps, quand les enchantements avaient encore leur effet, vivait un roi dont toutes les filles étaient belles, mais la plus jeune était si belle que le soleil lui-même, qui en a cependant tant vu, s’étonnait chaque fois qu’il illuminait son visage. Près du château du roi se trouvait une grande forêt sombre, et dans cette forêt, sous un vieux tilleul, il y avait un puits.

Lorsqu’il faisait chaud, l’enfant du roi s’en alla dans le bois et s’assit au bord du puits frais. Et quand elle s’ennuyait, elle prit sa bille en or, la jeta en l’air et la rattrapa : c’était là son jeu favori.

Les contes des frères Grimm commencent le plus souvent par la phrase « Il était une fois » ou « il y a fort longtemps ».

Ce type de phrase met le lecteur dans un autre monde fort loin de celui vécu par le lecteur. Surtout dans le cas présent, car le texte dit: « les enchantements avaient encore leurs effets ». Le lecteur est prévenu. Tout est possible.

Dès le début, le conte évoque la beauté (de la princesse), mais aussi l’environnement médiéval (château, le roi) merveilleux, mais pas nécessairement rassurant (la forêt sombre).

Le jeu favori est joué par la princesse près d’un puits dans la forêt sombre. Le type de jeu, lancer une bille et la rattraper, soutient l’innocence de la princesse. Le lieu est doublement angoissant: la forêt sombre et le puits profond.

Soulignons ici que le mot allemand « Brunnen » peut être traduit par « fontaine » ou par « puits ». Dans notre cas nous pensons qu’il faut choisir le mot puits, car il n’est nulle part fait allusion à un jet ou une source d’eau, mais le « Brunnen » sera par contre plus tard décrit comme très profond de manière à ce que la bille de la princesse disparaît de vue lorsqu’elle tombe dans le puits.

D’ailleurs fontaine serait plutôt la traduction de « Springbrunnen ».

Comparaison des deux versions:

Les frères Grimm ont ajouté beaucoup d’éléments dans la version de 1857: les soeurs de la princesse, leur beauté et particulièrement la sienne, la forêt devient sombre.

Dans la version de 1812 on a l’impression que la princesse va une seule fois dans la forêt.

Dans la version de 1857, elle y va chaque fois qu’il faisait chaud.

Dans la version de 1812, c’est plutôt la bille qui était son jouet favori, tandis que dans la version de 1857 le jeu avec la bille obtient l’aspect de favori.

Dans la version de 1812 le jeu lui procure du plaisir. Le mot plaisir disparaît en 1857.

Soulignons que le terme allemand « Lust » que nous avons traduit par « plaisir » fait allusion à un plaisir futur. « Lust auf etwas haben » signifie qu’on se réjouit maintenant pour un  plaisir dans le futur. En français on dirait « avoir envie ».

2. La bille d’or tombe dans le puits

Une fois la bille vola très haut, elle avait déjà tendu la main et les doigts en cloche pour la rattraper à nouveau que celle-ci tombait à côté sur la terre, roula et roula et droit dans l’eau.

La fille du roi, effrayée, la suivait des yeux, mais le puits était si profond qu’on ne pouvait voir le fond. Alors elle commença à pleurer lamentablement et à se plaindre:

Mais un jour, la bille d’or de la princesse ne tomba pas dans la petite main qu’elle gardait en l’air, mais sur le sol et roula tout droit dans l’eau.

La princesse la suivait des yeux, mais la bille disparut : le puits était profond, si profond qu’on ne voyait pas de fond. Elle se mit alors à pleurer, à pleurer de plus en plus fort et ne pouvait point se consoler.

Ce n’est pas par maladresse qu’elle perd sa bille: « Mais un jour, la bille d’or de la princesse ne tomba pas dans la petite main qu’elle gardait en l’air, mais sur le sol et roula tout droit dans l’eau ». Cela arrive un jour sans intervention aucune.

Le jouet préféré de la princesse tombe dans le puits profond et disparaît.

La princesse perd son enfance.

La princesse ne saute pas dans l’eau pour récupérer son jouet préféré dans les profondeurs (elle n’y songe même pas), mais pleure de désespoir.

Comparaison 1812/1857

Les deux versions sont très proches.

3. La grenouille demande pourquoi elle pleure

«Oh, si je pouvais récupérer ma bille, je serais disposé à tout donner, mes vêtements, mes pierres précieuses, mes perles et ce qui existe sur terre. »

Comme elle se plaignait, une grenouille sortit sa tête hors de l’eau et dit: «Fille de roi, pourquoi pleurniches-tu si pitoyablement ? »

« Oh, » dit-elle, « vilaine grenouille, tu ne saurais point m’aider! Ma bille d’or est tombée dans le puits. »

Alors qu’elle gémissait ainsi, quelqu’un lui cria : « Que veux-tu, princesse, tu pleures que même une pierre aimerait s’attendrir. » Elle regarda autour d’elle pour voir d’où venait la voix et aperçut une grenouille qui tendait hors de l’eau sa grosse tête laide. « Ah ! c’est toi, vieil éclabousseur ! » lui dit-elle. « Je pleure ma bille d’or qui est tombée dans le puits. »

Comparaison 1812/1857

Dans la version de 1812, c’est la princesse qui dit à la grenouille qu’elle est vilaine, tandis que dans la version de 1857, le texte descriptif attribue une tête laide à la grenouille. La manière dont la princesse s’adresse à la grenouille fait croire qu’elles se sont déjà rencontrées.

4. La grenouille offre son aide contre récompense

« Tais-toi et cesse donc de pleurer, » dit la grenouille, « Je saurais bien t’aider. Mais que me donneras-tu si je te remonte ton jouet ? »

La grenouille se présente comme autoritaire (« tais-toi et cesse de pleurer »).

Elle est prête à l’aider, mais elle demande une récompense.

5. La proposition de la princesse

« Ce que tu voudras, » chère grenouille : « mes habits, mes perles, mes pierres précieuses, en plus la couronne d’or que je porte sur la tête. »

La princesse est prête à lui donner tout ce qui lui est chère.

6. Les revendications de la grenouille

La grenouille dit, « tes perles, tes pierres précieuses, et tes vêtements, je ne demande pas, mais si tu veux me prendre comme compagnon, et que je peux m’asseoir à ton côté et manger de ta petite assiette d’or, et dormir dans ton petit lit et que tu veuilles bien m’apprécier et m’aimer, alors je serais disposé à ramener ta bille « .

La grenouille répondit : « Je ne veux ni de tes habits, ni de tes perles, ni de tes pierres précieuses, ni de ta couronne. Mais si tu acceptes de m’aimer, si tu me prends comme compagne et camarade de jeux, si je peux m’asseoir près de toi à ta petite table, manger dans ta petite assiette dorée, boire dans ton petit gobelet et dormir dans ton petit lit : si tu me promets tout cela, je plongerai et te rapporterai ta bille d’or. »

La grenouille veut tout à fait autre chose. Elle veut une relation.

Cette relation est présentée d’une part comme une relation enfantine (« si tu me prends comme compagne et camarade de jeux, si je peux m’asseoir près de toi à ta petite table »),

d’autre part elle va bien plus loin (« si tu acceptes de m’aimer, …., si je peux manger dans ta petite assiette dorée, boire dans ton petit gobelet et dormir dans ton petit lit »).

Comparaison versions 1812/1857

Les deux versions sont pratiquement identiques. Elles diffèrent avant tout par la suite de la liste des revendications: la revendication de l’amour vient en dernier lieu dans la liste de 1812 et en premier lieu dans celle de 1857.

Remarquons qu’en allemand les Frères Grimm utilisent les termes « werth und lieb haben ».

« Werth haben » : n’est plus utilisé; on pourrait le traduire par « apprécier» ou « chérir»

« Lieb haben » : nous l’avons traduit par « aimer ». Il faut cependant relativiser, car « lieb haben » est moins fort que « lieben ». Et « lieben » serait « aimer » tandis que « lieb haben » serait plutôt « aimer bien » (je t’aime bien). Le terme « aimer » est donc un peu trop fort dans la traduction.

7. Le consentement de la princesse

La fille du roi pensait : que la grenouille naïve est bavarde, elle doit de toute façon rester dans son eau, peut-être est-elle capable de récupérer ma bille, ainsi je vais seulement dire oui ; et disait : « oui, je veux bien, récupère d’abord ma bille, que tout te soit promis.

« Mais oui ! » dit-elle, « je promets tout ce que tu veux, si seulement tu me rapportes la bille. » Mais elle pensait : « La grenouille naïve est bien bavarde ! » « Elle est assise dans l’eau, avec les siens et coasse et ne saurait devenir la compagne d’un être humain ? »

Dès le départ, la princesse n’est pas sincère lorsqu’elle donne sa promesse.

Elle ne discute pas avec la grenouille et ignore les désirs de celle-ci.

Seul lui importe de retrouver son jouet.

Comparaison versions 1812/1857

Même s’il y a des différences dans les détails, il n’y a pas de modification significative.

8. La grenouille récupère la bille d’or

La grenouille mettait sa tête sous l’eau et plongea vers le bas, il n’a pas fallu longtemps qu’elle réapparut, la bille dans la gueule et la jeta à terre.

Quand la grenouille eut obtenu sa promesse, elle mit la tête sous l’eau, plongea et réapparut peu après en tenant la bille dans a bouche. Elle la jeta dans l’herbe.

Ce qui semblait impossible pour la princesse est un jeu d’enfant pour la grenouille, sans difficulté et sans obstacle.

Comparaison versions 1812/1857

Pas de différence significative.

9. La réaction de la princesse

Quand la fille du roi vit sa bille, elle courra vers elle, la ramassa et était si heureux de la tenir à nouveau dans ses mains elle ne pensait à rien d’autre,  mais l’emmena rapidement chez elle.

La grenouille lui cria après : « attends, fille du roi, et emmène-moi avec toi, comme tu l’as promis » ; mais elle n’écoutait pas.

La fille du roi fut folle de joie en revoyant son beau jouet. Elle ramassa la bille et partit en courant. « Attends ! Attends ! » cria la grenouille. « Emmène-moi ! Je ne peux pas courir aussi vite que toi ! » Mais que lui servaient les coassements qu’elle lui criait derrière aussi fort qu’elle le pouvait. La princesse ne les écoutait pas, se dépêchait de rentrer et oublia bien vite la pauvre grenouille qui descendait dans le puits.

Egalement après le  service rendu par la grenouille, la princesse ignore les désirs de cette dernière et sa propre promesse. Elle le fait volontiers, car dans le texte les auteurs utilisent le terme écouter et non celui d’entendre (« La princesse ne les écoutait pas »).

Elle rentre malgré avoir entendu les voeux de la grenouille.

Comparaison versions 1812/1857

Pas de différence significative.

10. La grenouille frappe à la porte

Le lendemain, la princesse était assise à la table quand elle a entendu quelque chose qui montait l’escalier de marbre, plouf, plouf! Peu de temps après, on frappa à la porte et cria, « Fille du roi, la plus jeune, ouvre-moi ! »

Elle y courut et ouvra la porte, et c’était la grenouille, à qui elle n’avait plus pensé; effrayée, elle claqua la porte à la hâte et se rassit à table.

Le lendemain, comme la princesse était à table avec le roi et toute la cour et qu’elle mangeait dans sa petite assiette d’or, on entendit quelque chose qui montait l’escalier de marbre en faisant : plouf, plouf; plouf, plouf. Arrivé en haut, la chose frappa à la porte et dit : « Fille du roi, la plus jeune, ouvre-moi ! »

Elle courra pour voir qui était là mais quand elle ouvrit la porte, elle aperçut la grenouille. Elle claqua alors bien vite la porte et retourna à table, la peur au ventre.

Les choses se compliquent pour la princesse. Elle a bien son jouet et elle est en sécurité dans le château de son père. Mais les choses ne sont plus comme avant. Elle a une dette et elle a peur. Il y a une menace. La vie devient sérieuse.

Comparaison versions 1812/1857

Pas de différence significative.

11. Les explications de la princesse au roi

Mais le roi remarqua que son cœur battait, et dit: «Pourquoi as-tu peur ? »

« Dehors il y a une vilaine grenouille, » dit-elle, «elle m’a récupéré ma bille d’or de l’eau, pour cela je lui ai promis qu’il devrait être mon compagnon, mais je n’aurais jamais pensé qu’il pourrait sortir de l’eau, le voilà devant la porte et veut entrer. »

Le roi vit bel et bien que son cœur battait fort et dit :

« De quoi as-tu peur, mon enfant ? Y aurait-il un géant derrière la porte, qui viendrait te chercher ? »

« Oh ! non, » répondit-elle, « ce n’est pas un géant, mais une vilaine grenouille. »

« Et que te veut cette grenouille ? »

« Ah ! » cher père, « hier, alors que j’étais dans la forêt, au bord du puits et que je jouais avec ma bille d’or, celle-ci tomba dans l’eau. Et comme je pleurais de grosses larmes, la grenouille me la rapporta, et comme elle l’exigeait, je promis en échange de l’accepter comme compagne. Mais je n’imaginais pas qu’elle pourrait quitter son eau. Et voilà qu’elle est là dehors et veut me rejoindre. »

Le roi voit rapidement la peur de son enfant. Il réagit avec compréhension et bonté: « De quoi as-tu peur, mon enfant ? »

Le roi écoute patiemment le récit sincère de la princesse. Ici la princesse n’essaye pas de tricher. Son attitude vis-à-vis du père n’est pas la même que celle vis à vis de la grenouille.

Espère-t-elle de l’aide?

Comparaison versions 1812/1857

Le texte de 1857 est bien plus long, comprenant une conversation plus élaborée entre père et fille.

Il n’y a cependant pas de différence significative.

12. La grenouille se manifeste à nouveau

Sur ce, on frappa une seconde fois, et une voix cria:

« Fille du roi, la plus jeune,

ouvre-moi,

ne sais-tu pas, ce que hier,

près de l’eau fraîche du puits tu m’as dit ?

Fille du roi, la plus jeune,

ouvre-moi. »

Sur ce, on frappa une seconde fois à la porte et une voix cria :

« Fille du roi, la plus jeune,

ouvre-moi !

Ne sais-tu plus ce qu’hier

près du puits frais tu m’as dit ?

Fille du roi, la plus jeune,

ouvre-moi ! »

La grenouille ne supplie pas, elle exige et rappelle la promesse à la princesse.

Comparaison versions 1812/1857

Textes identiques.

13. La décision du roi

Le roi dit alors : « ce que tu as promis, il faut le faire, va et ouvre la porte à la grenouille. »

Le roi dit alors : « Ce que tu as promis, il faut le faire. Va donc et ouvre-lui. »

Le roi rappelle la règle morale: il faut tenir ses promesses.

Comparaison versions 1812/1857

Pas de différence significative.

14. Les désirs de la grenouille

Elle obéit, et la grenouille entra en sautillant et la suivit toujours sur ses talons jusqu’à sa chaise, et quand elle fut rassise, la grenouille cria : lève moi sur une chaise près de toi. »

La fille du roi ne voulait pas, mais le roi le lui ordonna.

En haut, la grenouille dit :

« maintenant approche ta petite assiette d’or, je veux en manger avec toi. »

Cela aussi, elle devait le faire.

Comme elle avait mangé à sa faim, elle dit: « maintenant je suis fatiguée et je veux dormir, prends-moi dans ta petite chambre, prépare ton petit lit, là nous voulons nous allonger. »

Elle alla ouvrir la porte. C’est alors que la grenouille entra en sautillant et la suivit toujours sur ses talons, jusqu’à sa chaise. Assis là, elle criait :

« Prends-moi auprès de toi ! »

La princesse hésita, jusqu’à ce que le roi enfin lui en donna l’ordre. Quand la grenouille fut installée sur la chaise, elle voulait monter sur la table. Et quand elle y fut, elle dit :

« Maintenant approche ta petite assiette d’or, pour que nous puissions manger ensemble. »

Elle le faisait, mais on pouvait bien voir qu’elle le faisait à contrecœur. La grenouille se régalait, mais, quant à la princesse, chaque bouchée lui restait au travers de la gorge. Finalement, la grenouille dit :

« J’ai mangé à ma faim et je suis fatiguée. Conduis-moi dans ta petite chambre et prépare ton petit lit de soie. Là, nous allons dormir. »

D’une manière simple et directe, la grenouille demande fermement ce que la princesse avait promis. La grenouille est soutenue par le roi car celui-ci donne ordre à la princess de s’exécuter lorsqu’elle hésite.

La grenouille ne tient pas compte des hésitations et des autres sentiments négatifs de la princesse, mais veille à ce que ses propres désirs soient satisfaits. Le texte dit « Elle le faisait, mais on pouvait bien voir qu’elle le faisait à contrecœur. »

Les deux vivent la rencontre différemment: La grenouille « se régalait », tandis que pour la princesse « chaque bouchée lui restait au travers de la gorge ».

Finalement la grenouille demande de dormir avec la princesse dans sa chambre. Cela aussi faisant partie de la promesse: « boire dans ton petit gobelet et dormir dans ton petit lit ».

Comparaison versions 1812/1857

La version de 1857 est plus étoffée. Elle entre plus dans les détails des sentiments de rejet que ressent la princesse.

Une différence significative se trouve dans la dernière phrase.
1812 / 1857
français: là nous voulons nous allonger / Là, nous allons dormir
allemand: da wollen wir uns hineinlegen / da wollen wir uns schlafen legen
« hinlegen » devient donc « schlafen legen » en 1857.

Si « schlafen legen » veut dire « s’allonger pour dormir », « hinlegen » ne dit pas ce qu’on fait après.

15. La princesse monte la grenouille dans sa chambre à contre-coeur

La fille du roi était terrifiée quand entendait cela, elle avait peur de la grenouille glacée, elle n’osait pas la toucher et maintenant elle devait être avec elle dans son lit, elle se mit à pleurer et ne voulait point.

C’est alors que le roi se mit en colère et lui ordonna, au risque de sa disgrâce, de faire ce qu’elle avait promis. Cela ne servait à rien, elle devait faire, comme son père voulait, mais elle était en colère dans son cœur. Elle saisit la grenouille avec deux doigts, et la porta à l’étage dans sa chambre, …

La fille du roi se mit à pleurer et elle avait peur de la grenouille glacée qu’elle n’osait pas toucher et qui allait dormir dans son beau petit lit tout propre !

Mais le roi se fâcha et dit : « Tu n’as pas le droit de mépriser celle qui t’a aidée quand tu étais dans le chagrin. » C’est alors que la princesse saisit la grenouille de deux doigts, la monta dans sa chambre et la déposa dans un coin.

Ce texte décrit maintenant clairement la peur et le dégout de la princesse désespérée. Il oppose la grenouille glacée au lit propre.

Encore une fois, le roi ordonne: « Tu n’as pas le droit de mépriser celle qui t’a aidée quand tu étais dans le chagrin. ». Le roi n’a pas de pitié.

La princesse obéit, mais ses sentiments par rapport à la grenouille restent ceux du rejet. Elle ne l’accepte pas: « la princesse saisit la grenouille de deux doigts, la monta dans sa chambre et la déposa dans un coin. »

Comparaison versions 1812/1857

La différence réside ici dans l’argumentation du roi. Dans la version de  1812, la princesse risque la disgrâce, tandis que la version de 1857 est plus moralisatrice: « ne méprise pas celui qui t’a aidée ».

16. La grenouille exige de partager le lit

… se mit au lit …

Mais quand elle fut couchée, la grenouille rampa jusque près du lit et dit : « Je suis fatiguée, je veux dormir à l’aise, comme toi ; prends-moi auprès de toi, sinon je le dirai à ton père. »

Avec la grenouille, pas moyen d’échapper à son sort. Elle ne tient toujours pas compte des sentiments de la princesse et n’hésite pas à avoir recours à l’autorité suprême pour obtenir son dû: « prends-moi auprès de toi, sinon je le dirai à ton père. »

Comparaison versions 1812/1857

Dans la version de 1812, la princesse prend la grenouille dans son lit. Dans celle de 1857, elle pose la grenouille dans le coin. Celle-ci exige de venir dans son lit et menace de parler à son père.

17. La princesse en colère

et au lieu de la mettre à côté d’elle, elle la jeta splash! au mur :

« voilà, tu me laissera en paix désormais, vilaine grenouille ! »

Cela mit la princesse en colère. Elle prit la grenouille et la lança de toutes ses forces contre le mur : « Comme ça tu auras du repos, affreuse grenouille ! »

Le contraste est fort: La belle princesse innocente commet un acte agressif aussi répugnant que l’est la grenouille.

Cet acte agressif peut être considéré comme une acceptation de ses impulsions profondes et négatives.

Lorsque la bille tombe dans le puits profond, la princesse ne songe même pas à la récupérer des profondeurs. Maintenant elle accepte la profondeur de l’impulsion.

Comparaison versions 1812/1857

Dans les deux cas, la princesse jette la grenouille au mur ou contre le mur parce qu’elle est en colère. Mais les raisons de la colère nous semblent un peu différentes:

Dans la version de 1812 il est très clair que la colère résulte du fait que la princesse se révolte parce quelle doit emmener la grenouille dans son lit. Dans la version de 1857, la colère vient après la menace de la grenouille.

Un détail: la différence entre « tu me laisseras en paix » (wirst du mich in Ruhe lassen) et « tu auras du repos » (wirst du Ruhe haben). Dans le premier cas la princesse affirme que la grenouille ne l’a pas laissé en paix, tandis que dans le deuxième, c’est la grenouille qui est destinée à trouver la paix.

18. Le prince …

Mais la grenouille ne tomba pas morte vers le bas, mais comme elle descendait sur le lit, c’était un beau prince jeune. Celui-ci était désormais son compagnon bien aimé et elle l’apprécia comme elle avait promis, …

Mais en tombant, la grenouille n’était point une grenouille, mais un fils de roi aux yeux beaux et aimables. Selon les vœux de son père celui-ci était dès à présent son compagnon aimé et son époux.

Le texte du conte ne décrit pas la grenouille écrasée contre le mur. Il ignore ce moment indécent.

L’acte agressif de la princesse est récompensé par un changement de situation: la laide grenouille est un prince aux yeux beaux et aimables.

Il n’est pas fait mention de transformation: « en tombant, la grenouille n’était point une grenouille, mais un fils de roi ». Comme si le prince n’avait jamais été une grenouille. Le texte allemand est clair: « Als er aber herabfiel, war er kein Frosch, sondern ein Königssohn ».

Puis une phrase étonnante: « Selon les vœux de son père celui-ci était dès à présent son compagnon aimé et son époux. » D’abord, il n’y a pas de texte antérieur dans le conte qui précise ce que le roi veut. Celui-ci ne fait qu’exiger de la princesse qu’elle tienne ses promesses. Et puis, jusqu’à présent le vocabulaire utilisé était celui de l’enfance. Maintenant on utilise un vocabulaire adulte: « compagnon », mais surtout « époux ».

Lorsque la grenouille exprime ses revendication avant de récupérer la bille:
texte allemand / texte français

wenn du mich liebhaben willst, / si tu acceptes de m’aimer,

und ich soll dein Geselle und Spielkamerad sein, / si tu me prends comme compagne et camarade de jeux,

an deinem Tischlein neben dir sitzen, / si je peux m’asseoir près de toi à ta petite table,

von deinem goldenen Tellerlein essen, aus deinem Becherlein trinken, / manger dans ta petite assiette dorée, boire dans ton petit gobelet,

in deinem Bettlein schlafen / dormir dans ton petit lit
Lorsque la grenouille est à table dans la salle à manger du château, elle répète ses voeux, mais elle va plus loin dans l’expression du dernier:
mach dein seiden Bettlein zurecht, da wollen wir uns schlafen legen. / prépare ton petit lit de soie. Là, nous allons dormir.
En effet, la grenouille avait exprimé le désir de dormir dans le lit de la princesse. Dans le passage ci-dessus, il est est clair que la princesse sera également dans le lit.

Comparaison versions 1812/1857

Les deux versions ne parlent pas de transformation, comme si la grenouille avait été une illusion, car elle était toujours prince.

1857: le texte ajoute les yeux beaux et aimables.

Dans la première version, le prince devient son compagnon bien aimé qu’elle apprécia parce qu’elle avait promis. Dans la version de 1857 le compagnon est aimé (et non bien aimé) et il devient époux. Cette version va donc plus loin dans la qualité de l’amour et du lien social.

Ce qui est fondamental: si dans la première version leur lien résulte de la promesse, dans la deuxième version, ce sont les voeux du père qui sont évoqués.

19. … explique

et ils s’endormirent heureux (joyeusement, avec plaisir).

Il lui raconta qu’une méchante sorcière l’avait ensorcelée et que seule la princesse pouvait le libérer du puits et que le lendemain ils partiraient ensemble pour son royaume. C’est alors qu’ils s’endormirent …

C’est la princesse qui délivre le prince du sort de la sorcière.

Celui-ci fait les projets: « le lendemain ils partiraient ensemble pour son royaume ». La princesse est passive.

Le texte dit: « ’ils s’endormirent ». Certaines traductions précisent « l’un à côté de l’autre », mais le texte allemand ne fait pas cette précision.

Le prince et la princesse passent donc la nuit ensemble sans être mariés. C’est la deuxième fois que le conte enfreint la morale.

Comparaison versions 1812/1857

La version de 1857 explique l’état du prince par l’ensorcellement. Remarquons qu’ici non plus on ne parle pas de transformation. L’action de la princesse est décrite comme libératoire.

C’est le prince qui fait les projets.

Comparons les textes suivants en ajoutant les textes allemands:
1812 / 1857
français: et ils s’endormirent heureux / ils s’endormirent
allemand: sie schliefen vergnügt zusammen ein / schliefen sie ein
La manière de s’endormir est ici différente. Le terme « vergnügt » peut être traduit par « joyeux ». Il y a un aspect de gaieté. Cela disparaît dans la version de 1857.

20. Un carrosse arriva

Dans la matinée arriva un attelage splendide de huit chevaux ornés de plumes et étincelant d’or, accompagné du fidèle Henri du prince, …

… et le lendemain matin, lorsque le soleil les réveillait, un carrosse arriva, attelé de huit chevaux blancs. Ils avaient des plumes d’autruche blanches sur la tête et marchaient avec des harnais en or. Et à l’arrière se tenait le valet du jeune roi, le fidèle Henri.

C’est un beau jour, plein de soleil.

Le moyen de transport est noble, digne d’un tel couple.

En plus il y a le fidèle Henri qui montre que le prince mérite la fidélité et qui est rassurant pour un voyage dans un monde inconnu pour la princesse.

Comparaison versions 1812/1857

Pas de différence significative.

21. Le fidèle Henri les emmène au royaume du prince

… celui-ci avait eu tant de chagrin à cause de la transformation de ce dernier qu’il avait dû poser trois cercles de fer autour de son cœur, pour que celui-ci n’éclatât de tristesse.

Le prince s’assit dans la carrosse avec la fille du roi tandis que le fidèle Henri se tenait derrière, et c’est ainsi qu’ils voulaient rouler dans son royaume.

Le fidèle Henri avait eu tant de chagrin en voyant son seigneur transformé en grenouille qu’il s’était fait ceinturer la poitrine de trois cercles de fer pour que son cœur n’éclatât pas de douleur et de tristesse. Le carrosse devait emmener le prince dans son royaume ;

le fidèle Henri fit monter les deux et reprit sa place à l’arrière, tout heureux de la rédemption.

Le fidèle Henri souffre avec son maître. Il est l’ombre de celui-ci.

Pour ne pas s’éclater (de tristesse), il a des ceintures de fer qui l’en empêchent.

Comparaison versions 1812/1857

Dans la version de 1812, ce n’est pas le prince qui dit qu’ils vont aller dans son royaume, mais ce sont les deux qui le veulent.

22. Les ceintures de Henri se brisent

Et quand ils eurent accompli une partie du chemin, le prince entendait un fort craquement derrière lui, il se retourna et cria :

« Henri, la voiture se brise ! »

« Non, maître, il faut que je vous dise,

c’est une ceinture de mon cœur

qui baignait dans la douleur,

quand dans le puits vous étiez assis,

quand une grenouille vous étiez ! »

Encore une fois et encore, le prince entendait un craquement et il pensait que la voiture se brisait, mais ce n’étaient que les cercles de fer qui sautaient du cœur du fidèle Henri, car son maître était délivré et heureux.

Et quand ils eurent accompli une partie du chemin, le prince entendit un craquement derrière lui, comme si quelque chose s’était brisé. Il se retourna et cria :

« Henri, le carrosse se brise ! »

« Non, maître, il faut que je vous dise,

c’est une ceinture de mon cœur

qui baignait dans la douleur,

quand dans le puits vous étiez assis,

quand une grenouille vous étiez ! »

Encore une fois et encore, en cours de route, on entendit des craquements et le prince crut à nouveau que le carrosse se brisait. Mais ce n’étaient que les ceintures de fer du fidèle Henri qui sautaient parce que son maître était délivré et heureux.

Les ceintures de fer éclatent. Henri n’en a plus besoin. Il n’est plus dans la douleur, mais dans la délivrance et le bonheur.

Remarque:

En allemand le « rime » de Henri se termine par « als Ihr eine Fretsche wast ».  Le mot « Fretsche » est remplacé dans certains textes allemands par « Frosch », ce qui signifie grenouille. Déjà dans le premier manuscrit se trouvait une annotation indiquant que par « Fretsche » les auteurs signifiaient « Frosch ».

En français les traductions reprennent le mot grenouille.

J’hésite à accepter que « Fretsche » et « Frosch » soient des synonymes. C’est une recherche à faire par la suite. Pourquoi les auteurs ont-ils utilisé « Fretsche » plutôt que « Frosch » si l’un est l’autre signifient la même chose.

Le mot « Fretsche » est très proche de « frech », ce qui veut dire insolent. Les auteurs voulaient-ils souligner l’attitude insolente de la grenouille qui ne se gêne pas d’aller au château revendiquer son dû et d’aller jusqu’au bout (exiger de rejoindre la princesse dans son lit)?

Ainsi, le rime pourrait se terminer par:

« quand vous étiez dans le puits profond,

transformé en insolent ! »

Comparaison versions 1812/1857

Pas de différence significative.

Personnages

Présentation des personnages

Pour voir les textes qui correspondent aux personnages, veuillez consulter le schéma interactif présentant le sociogramme du conte « Le Roi Grenouille ou Henri de Fer »

Comparaison entre les versions 1812 et 1857

La princesse

La beauté de la princesse est apparente et visible par tout le monde.

La princesse est simple par le type de jouet qu’elle préfère.

La princesse est innocente. Elle ne remarque pas le danger de pouvoir perdre sa bille en jouant si près du puits.

La princesse est enfant. Elle deviendra adulte par un acte impulsif.

La version de 1857 est nettement plus longue que celle de 1812. Les frères Grimm ont ajouté les autres filles du roi et ils décrivent la forêt comme sombre.

La deuxième version met en valeur la beauté de la princesse. Dans la première version il n’est pas fait mention de sa beauté.

Dans la version de 1857, la princesse va près du puits frais lorsqu’il fait chaud. Dans la version de 1812, la chaleur n’est pas la motivation pour aller près du puits.

Dans la deuxième version on parle du jeu favori que la princesse joue lorsqu’elle s’ennuie. Dans la première l’ennui n’est pas le motif du jeu et le mot plaisir est utilisé.

Le roi

Le roi est le chef de famille.

La relation de la princesse avec le reste de la famille n’existe que par lui.

Les soeurs de la princesse sont uniquement mentionnées. La reine ne l’est même pas.

Le roi donne ordre à la princesse de tenir sa promesse et de dépasser sa répulsion vis-à-vis de la grenouille.

Il veut que la grenouille devienne son compagnon.

Les filles du roi

Le conte parle une seule fois des sœurs de la princesse: elles sont toutes belles.

On suppose (sans que ce soit dit explicitement) qu’elles sont présentes dans la salle à manger.

Contrairement à d’autres contes de fées (Cendrillon), les sœurs ne jouent aucun rôle. il n’y a pas de conflit ou de rivalité.

Dans la version de 1812, les sœurs de la princesse ne sont pas mentionnées.

La grenouille

La grenouille est un animal prédisposé aux métamorphoses.

Contraste entre la beauté de la princesse et celle de la grenouille.

Aspect répulsif.

Dans certaines traductions, le mot « Frosch » (mot masculin en allemand) est traduit par « crapaud ». Ceci est tout à fait compréhensible, car « crapaud » souligne l’aspect masculin et répugnant du personnage. Nous avons préféré « grenouille » car le mot « crapaud » est la traduction de « Kröte » (mot fémini en allemand) et non de « Frosch ».

Les courtisans

Leur présence montre que la salle à manger est un lieu de société.

Les courtisans ne sont pas mentionnés dans la version de 1812.

Le prince

Le même personnage est d’abord perçu comme une bête répugnante et insolente, puis il devient un fils du roi aux yeux beaux et aimables. Après un acte agressif de la princesse, celui qui était bête devient époux.

Le texte de 1857 ajoute les yeux aimables du prince.

Il ajoute également la sorcière et explique que celle-ci avait ensorcelé le prince.

La sorcière

La sorcière ne figure pas dans la version de 1812.

Les huit chevaux

Les chevaux transportent le prince et la princesse vers leur avenir.

En général, le cheval représente le corps dans lequel l’être humain se trouve.

Aux 18è et 19è siècles on trouvait les plumes d’autruche sur nombre de blasons. Dans l’antiquité ils représentaient l’équilibre et la justice.

Il en est de même du chiffre 8 qui en plus fait référence à l’infini.

Les harnais en or soulignent la noblesse et la pureté du voyage.

Dans le texte de 1857 les plumes deviennent des plumes d’autruche.

Le fidèle Henri

Le valet est souvent considéré comme l’ombre de son maître.

Sa présence est réconfortante et montre que le prince est digne de confiance.

Soulignons l’aspect passif du valet. Il ne fait rien, sauf les faire entrer dans le carrosse.

Dans la version 1812, le fidèle Henri est tout à fait passif.

Son activité consiste à être là, à l’arrière du carrosse.

C’est lui qui souffre du malheur de son maître.

Objets

Description et réflexions

La bille d’or

La bille d’or est le jouet préféré de la princesse.

La bille (ou boule) est le symbole de la perfection et de l’intégrité.

C’est ce que l’enfant princesse perd. Elle les retrouvera par la suite.

Ici on pourrait discuter la traduction du mot allemand « Kugel ».

« Kugel » est une sphère. La question qui se pose est cependant celle de la grandeur. Le mot Kugel en allemand ne répond pas à cette question, car une « Kugel » peut être petite ou grande. La Kugel peut être utilisée en civil comme dans le domaine militaire (balle de fusil ou de canon).

Nous avons opté pour le mot « bille » pour souligner l’aspect jeu et la petite taille de l’objet.

Les ceintures de Henri

« Le fidèle Henri avait eu tant de chagrin en voyant son seigneur transformé en grenouille qu’il s’était fait ceinturer la poitrine de trois cercles de fer pour que son cœur n’éclatât pas de douleur et de tristesse. »

Lieux

Présentation et réflexions

Le puits

« Près du château du roi se trouvait une grande forêt sombre, et dans cette forêt, sous un vieux tilleul, il y avait un puits. »

« Lorsqu’il faisait chaud, l’enfant du roi s’en alla dans le bois et s’assit au bord du puits frais. »

« …le puits était profond, si profond qu’on ne voyait pas de fond. »

Le puits est:

  • profond; si profond que la princesse ne peut voir la bille au fond.
  • rafraichissant; la princesse y va jouer lorsqu’il fait très chaud.
  • angoissant; même lorsque son jouet préféré est tombé dans le puits, la princesse ne songe même pas à entrer dedans pour le récupérer.

Par contre, pour la grenouille, ce monde est tout à fait banal. Elle récupère la bille sans aucune entrave, sans aucun sentiment d’angoisse. Récupérer la bille est simple pour elle.

La profondeur du puits peut être comparée à la profondeur de notre intérieur.

La salle à manger

C’est dans la salle à manger du château que « la princesse était à table avec le roi et toute la cour et qu’elle mangeait dans sa petite assiette d’or ».

La grenouille y est accueillie sur ordre du roi.

La salle à manger est le lieu de rencontre avec la famille, mais aussi avec la société.

La princesse y mange dans sa petite assiette en or. L’or souligne la pureté de la nourriture qui peut être spirituelle. En effet, il n’est pas précisé ce qu’elle mange.

C’est le lieu où sont réglées les affaires. Ici le roi décide du comportement de la princesse.

La chambre à coucher

Sur ordre du roi, la princesse accepte que la grenouille l’accompagne dans sa chambre à coucher. Elle doit tenir la promesse donnée en contrepartie d’un service.

La chambre à coucher est le lieu le plus intime.

C’est ici que se font les rêves mais c’est aussi le lieu où est vécue la sexualité.

Le carrosse

« … un carrosse arriva, attelé de huit chevaux blancs. Ils avaient des plumes d’autruche blanches sur la tête et marchaient avec des harnais en or. Et à l’arrière se tenait le valet du jeune roi, le fidèle Henri. »

Huit chevaux étaient de rigueur pour atteler un carrosse transportant un monarque.

Un carrosse est un habitacle mobile noble.

Le voyage à entreprendre est d’autant plus sécurisant que le fidèle Henri va les accompagner.